
Vogue Hommes International
Rewind. Mardi soir, je débattais sur ma déconvenue liée à ma visite le jour-même sur le stand IRO du Who’s Next. “Nous n’acceptons que les acheteurs, pas la presse ni les photographes” m’ont ils dit. “Merci de ne pas prendre de photos questions de RESPECT”.
Je me suis donc interrogée sur la méthode et l’approche de ces marques du Sentier vis à vis des blogs, de la presse et au final de leurs clients. Ces marques qui envahissent l’espace (sur les salons, en ville, sur le web, dans les grands magasins) au point qu’on ne peut plus les contourner.
Je préfère vous prévenir, je suis encore toute énervée… Du coup, je me lâche.
Première interrogation : pourquoi prendre l’initiative d’être présent à un salon professionnel et donner accès à sa marque, si l’on craint d’être copié (parce qu’il est la le coeur du sujet, la contrefaçon et l’imitation). Pourquoi ne pas accueillir les clients dans son show-room loin des regards indésirables ?
Seconde interrogation : toutes ces marques du Sentier ayant investi le créneau haut de gamme, (mode, désirable, onéreux…) pensent t elle sérieusement que leurs créations sont uniques au point qu’on voudrait s’en inspirer ? N’ont elles pas un peu les chevilles qui enflent (bon là je réponds un peu à la question je l’admets…)
Mon sentiment, c’est qu’il est de rigueur dans ce métier de contretyper les créations de son voisin et de nourrir une mode uniforme. Parce que le créneau, c’est le succès, pas la création.
Rappelez vous la polémique Zadig / Les Petites. Zadig sous traitait (parait il) sa production de maille chez les Petites. Et puis un jour, chez Les Petites on s’est dit “nous aussi on peut le faire”. En moins de temps qu’il n’en faut pour le croire, chez les Petites on vendait des petits pulls en maille à tête de mort. Et les deux protagonistes boudent désormais chacun dans leur coin. Fin de la collab. Et saluons l’égo en passant…
En résumé, confidentialité ou non, toutes ces marques proposeront du noir, du blanc et de la paillette l’été prochain, parce que leurs sources d’inspiration sont identiques : les bureaux de style, la rue, les people. Et le pire c’est que le Sentier chic, ça cartonne : il suffit de checker la fréquentation des boutiques du Marais le dimanche… Mais non, dans le Sentier chic, on préfère dire qu’on est unique. Pipo.
Et sur le web alors ? Sites uniformes, Fan pages Facebook anecdotiques relatant les parutions dans les magazines people, échanges avec la communauté proches de zero…
Je suis toute étonnée (et certainement naïve) qu’on en soit encore à l’age de pierre (les coordonnées du service de presse et des boutiques sur le site, elle est où l’interactivité avec le client ? Dans l’onglet contact ?).
Toutes ces marques auraient tout à gagner à assumer cet accès à l’information, débattre, expliquer, donner du sens à leurs créations et rencontrer celles et ceux qui la portent. Et puis aussi assumer la critique, et prendre position.
Une démarche qui une fois engendrée soulève des questions j’en conviens… Depuis que Frédéric Biousse a rencontré Deedee et ses lectrices, a t il avancé sur ses engagement de qualité chez Sandro, par exemple ?
Alors on fait quoi ma bonne dame ?
Et bien, on réfléchit les enfants… avant de lâcher un demi salaire dans une veste en cuir Maje ou Iro. On s’informe, on regarde les étiquettes. On privilégie les fabrications locales. Et quitte à acheter pas cher, on fait les fripes, les ventes presse, les dépots vente (on y trouve des merveilles, si si je vous jure !), ebay, H&M et Zara. Et on garde sa cb pour une jolie paire de K Jacques qui va durer 5 ans, ou pour des créateurs de talent (Vaccarello, Henry cher Carven, Maxime Simoens, Warmi, Charlotte Sometime, Gaelle Constantini, Eple & Melk, Shourouk…)
Quant à ces marques un peu blasées par le succès, peut être qu’elles devraient recruter en relation client et en communication… Nextidea vient de twitter une intéressante information de Contagiousness sur le Social Retailing et le partage d’expérience sur le point de vente. A méditer…
Ah oui, et la photo n’a rien à voir avec le sujet, mais on s’en fiche…





