Versace x H&M - Photographe: Kacper Kasprzyk – Model : Abbey Lee Kershaw.

Décidément, on ne peut plus stopper les suédois… Voici venu le temps de la nouvelle collaboration cheap et chic de H&M. Et cette saison, place à la couleur et au bling bling : C’est Versace qui est à l’honneur (et le blond platine de sa créatrice Donatella).

Je m’interroge sur la durée de vie de ce projet de capsules “X for H&M”. Pour moi, elles n’ont clairement pas toutes été une réussite. Sans faire de généralités, j’ai noté que les pièces étaient souvent chères ou mal coupées ou trop importables ou trop signées (et donc sans subtilité et sans durée de vie). Ce que j”aimais au départ, c’était le caractère collector et désirable de ces collections. Aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’on est purement dans le business et l’hyper accessibilité (la quantité vs la qualité).
En allant à Milan il y a quelques jours, je suis allée visiter l’une des boutiques Versace de la ville (ce que je n’aurais sans doute pas fait à Paris, allez savoir pourquoi) pour… comparer, et comprendre si la collection pour H&M respectait aussi bien – comme on me l’avais soufflé – le style de la marque. Et c’est le cas. Gilda, la Social Media Manager de la marque me le confirme : tous les codes iconiques de la marque sont bien réunis dans cette collab. On y retrouve donc les thèmes chéris de Donatella et surtout ceux qui firent les belles heures et la réputation de son frère Gianni : l’imprimé animalier, les couleurs vives (le turquoise, le fuschia, le rouge, le jaune), l’allures seventies, les paillettes… Même le mannequin – Abbey Lee Kershaw, devenue blonde platine (no comment) – est issue de l’écurie Versace (elle est l’égérie du dernier parfum, Yellow Diamond, et des dernières campagnes de publicité). Au final, Versace pour H&M est cohérente et s’illustre par une collection courte, bien conçue, inventive et forte.

Mais Versace est elle une marque qui fait rêver ? Ce que je veux dire, c’est qu’une marque comme Lanvin est une marque dont on rêverait toutes plus ou moins d’avoir, un jour ou l’autre, une pièce dans notre placard, non ? Mais Versace ? La marque possède t-elle le même capital rêve et va t-elle déplacer les foules devant les portes des magasins ? Mon premier sentiment, c’est que la collection apporte bonne humeur, lumière et audace à un hiver sérieux, austère et monochrome… Plutôt positif, en somme !
Reste à la découvrir “in real life” pour se faire une véritable opinion. Réponse le 17 novembre dans les magasins et sur les blogs !

swedish hasbeens

Image : Swedish Hasbeens

Un titre hommage au chouette papier de Marie ici même.
A l’époque, c’était il y a fort longtemps, il y a à peine un an, la question du sabot ne nous avait, en effet, pas laissées indifférentes… Il faut dire que Céline avait assuré sur le design de ses modèles, repris depuis par Minelli… Néanmoins, j’avais voté à l’époque pour un non franc et massif au sabot.

Oui mais voilà, les saisons passent et certaines idées majeures contradictoires font leur chemin.
Il suffit qu’une grande enseigne suédoise se mette en travers de votre route pour mettre en lumière vos travers et en deux temps trois mouvements, vous voila en train de faire quelques glissades vers le dit magasin le plus proche…

… Et puis tout bien réfléchi, non ce n’est pas pour vous. Le sabot ne rend ni la jambe élancée ni la démarche élégante (checkez le point de vue des besnobettes à ce sujet). Ceci dit, on notera l’effort de reconstruction d’image du sabot. Et c’est là tout notre sujet du jour : le lifting du sabot suédois. Passer de la campagne scandinave à la ville, et s’associer à la seule enseigne qui pouvait lui donner du galon modesque, je dis bravo. Belle reconversion sociale ! De pièce ringarde, la chaussure d’Heidi en devient quasi désirable. Eh oui, c’est ça la mode, un beau terrain de mauvaise foi qui vous convertit doucement mais surement vers ce que vous détestiez au plus haut point six mois plus tôt…

“Ah bon j’ai dit que je détestais, t’es sûre ???? Bah écoute c’est bizarre quand même, elles sont confortables, et t’as vu ce rose, avec des chaussettes c’est carrément canooooon ? T’as du mal entendre. J’ai surement dit que c’était pas la saison, un truc comme ça..”

Et ça c’est moche.

logo lanvin hm motsdemode

Bon, là je dois admettre que la marque suédoise maitrise l’art de faire monter le buzz.

Il suffisait d’aller sur Twitter hier pour constater les échanges sur le sujet, les “oh on adore vos pronostics sur notre nouvelle collab” et “matez un peu ce teaser, vous pensez que c’est qui sur l’image?”
Bref, la mayonnaise a bien pris, et les paris étaient ouverts…

La collab a finalement été dévoilée ce matin. C’est Albert Elbaz pour Lanvin qui est le nouveau guest designer, succédant ainsi à Jimmy Choo, Sonia Rykiel, Madonna, Matthew Williamson, Karl Lagerfeld… J’en oublie non ?

Si pour moi, la collab Rykiel, était une façon de doter la maison française d’un réel pouvoir de communication avec des moyens inimaginables (rappelez vous la fête au Grand Palais), là j’ai plutôt le sentiment d’un partenariat équitable. Dans mon esprit, Lanvin n’a assurément pas besoin de cette collaboration pour redorer son blason, crédibiliser son image ou devenir populaire.

Bon ensuite, je vous l’accorde, ici tout est business et uniquement business. Et quand on imagine le C.A. généré par le suédois chaque jour dans tous ses magasins, je me dis qu’il est inutile de s’inquiéter de toute forme de déontologie, de promotion de la création ou de la couture, ou d’image. H&M a bien compris que pour recruter encore plus de fashionistas, il fallait faire entrer des créateurs et créer des envies ponctuelles. Un peu comme si on ajoutait de la chantilly sur deux boules de glaces, les créateurs, c’est un peu le topping, mais ca rapporte un max.

En tout cas, ne doutant pas de la qualité du travail d’Albert Elbaz, et de sa poésie, je suis plutôt impatiente de découvrir le fruit de cette nouvelle collab.
A suivre donc…