Spring freshness (Paris fashion week again)
Le soleil a fait quelques apparitions, mais je sens que certaines de nos rédactrices (et de nos blogueurs) ne vont cependant pas pouvoir échapper à la pneumonie. Eh oui, la fashion week appelle au look et débarquer front row en doudoune c’est moche. Un point c’est tout.
Bientôt, on servira des soupes chaudes à l’entrée des défilés…
Premier constat après quelques jours… La fashion week a mis la crise entre parenthèses. On n’est pas non plus revenu au bling bling et au show off de l’époque (sauf peut etre chez Dior avec Galliano et son neo équestre – copyright Laurent Rojot – qui avait opté pour une bande son r’n'b et un parterre de personnalités venues d’outre atlantique, dont l’actrice Lindsay Lohan qui a déchainé les twitts après s’être fait refusé l’entrée pour cause de retard aggravé) et un défilé avoisinant les 1 million (ou peut être 2… ou 3).
Coté faits marquants : Beth Ditto est l’invitée de marque de la saison, elle est de tous les shows. Carine Roitfeld et toute l’équipe de Vogue ont été blacklistée par Balenciaga. Alexandra Golovanoff est la journaliste de mode la plus souriante que j’ai jamais rencontrée. Sofia Kokosalaki a refusé que les blogueurs soient conviés à son défilé (ah! on me dit dans l’oreillette que Scott et Garance sont entrés in extremis…)
Certaines marques, quand à elles, les plus petites, ne défilent pas ou optent pour une présentation en petit comité : Erotokritos reçoit chez lui, Malandrino expose sa collection dans un salon du Crillon, Paule Ka investit sa propre boutique, tout comme Requiem… Céline défie le circuit Tuileries/Quai Malaquais/Halle Freyssinet et a carrément opté pour la porte de Saint Cloud et son tennis club…
Je vous ai préparé une petite sélection des détails en images qui ont retenu mon attention de ces derniers jours…
Bon dimanche !

Encore des wedges et des wedges…

Le mélange des styles plumetis/rouge/vache/docmartens en total décalage avec le style Mouret (backstage show Roland Mouret)

Des chaussures de princesses hollywoodiennes (backstage show Roland Mouret)

la cousine de Roland Mouret aime Louboutin (backstage show Roland Mouret)

Combat de fauves entre deux shows (Show Dior)

Le legging en maille sera graphique ou ne sera pas (Erotokritos)

Une nouvelle façon de porter la pochette de Papa (show Erotokritos)

Pizza Jalouse Pink Flamingo offerte à la sortie des shows (Show Erotokritos)

Lunettes vintage et maxi écharpe (je veux la même) (Show Viktor & Rolf)

Coco “Barbarella” Rocha (Show Lagerfeld)

Fourrure, coiffure de lionne et THE RED lips (show Lagerfeld)

Freja Behar, mon caméléon préféré, dont je vous ai déja parlé ici (show Lagerfeld)
Suivez aussi la fashion week avec mon acolyte et partenaire de défilés, Pascal, aka Monsieur “Standing sans invitation”, sur Mombetperena.
I want yellow boots (la mode la mode la mode)

Margiela, Halle Freyssinet, Paris, Mars 10. ©motsdemode
Vendredi fut une très belle journée de défilés.
Avoir découvert le travail de Roland Mouret fut une belle expérience.
Ce créateur française exilé à Londres est le chouchou des rédactions (Anna Wintour en tête qui était dans la salle), et leur fait honneur avec une collection hyper bien construite, ultra glamour, sexy, bien coupée, désirable, hitchcockienne… Une expérience formidable, moins exceptionnelle question mise en scène avec une série de gros ballons gonflés à bloc suspendus au plafond, et une lumière très dure, rendant quasi impossible la prise de vue de qualité.
Show Dior. Impossible d’y assister mais je n’en ai pas reçu de bons échos, passons. Le show était véritablement à l’extérieur de la tente dressée comme à l’accoutûmée au sein des Tuileries. Défilés de personnalités, de journalistes, de rédactrices connues et moins connues. Ballet de chaussures sur talons de 18, combats de looks, batailles de photographes street style… Certaines personnalités doivent carrément être effrayées par cette meute d’appareils photos devenant carrément hystériques à l’approche d’un détail qui tue (fourrure rose, talon aiguille, Carine Roitfeld, chien gonflable Grazia, pochette assortie aux wedges…)
Vivienne Westwood. Une étonnante présentation de looks aussi excentriques les uns que les autres.
Les filles étaient sublimement maquillées, le mix des matières et des imprimés est totalement improbable, mais le résultat suffit à éclairer le catwalk : des plaids sont réinterprétés en manteaux façons cape ceinturés, des toiles de jouy côtoient des écossais et des léopards, du jaune, du rose, du gris, du bleu, waow les rangers glitters sont remarquables…
Il est clair que la collection ne peut pas laisser indifférent. Je n’aime pas tout. Voire presque rien. Mais j’aime surtout l’énergie qu’elle y a mis, et le nombre de silhouettes qui ont défilé. Et ce parti pris de suivre sa ligne de conduite excentrique, mode, pleine d’humour et d’audace. Le vrai twist à l’anglaise qu’on a pu noter sur le front row avec Beth Ditto en guest et à quelques mètres, l’équipe de Gareth Pugh, dont nous avions appréciés le look il y a deux jours… Et puis il était plutôt chouette ce final collégial, Vivienne en tête de meute, bouquet de fleurs dans les bras, hyper fière.

Margiela, Halle Freyssinet, Paris, Mars 10. ©motsdemode
Show Margiela. Assurément mon préféré depuis le début de la fashion week parisienne et l’une des plus belles expériences visuelles qu’il m’ait été donné d’avoir. Le show avait lui aussi lieu dans l’un des hangars de la Halle Freyssinet (comme Westwood et Lanvin). Quasi 1000 personnes rassemblées dans ce lieu habité par Margiela (et surtout son équipe désormais aux commandes). La lumière se résumait au rouge des néons chauffants au plafond, les places étaient réparties par grappes de 20 sièges environ (une vingtaine de grappes au total) et la présentation fut faite pour ainsi dire “à l’ancienne”, chaque mannequin défilant de groupe en groupe dans le but de présenter sa silhouette. Un très beau mix d’allures masculines décoincées par des détails chocs : pantalons coté face, jambes nues coté pile, dos décolleté plongeant, mix de légéreté féminine et de flanelle aux accents “boyish”, couleurs vives et éclatantes contre gris souris, noirs et bruns., pour finir avec des grosses chapkas géantes en fourrure dont les oreilles descendent jusqu’à la taille des filles… Malgré la bande son inquiétante, j’ai vraiment adoré ce défilé d’une pure beauté. Je me suis laissée emportée par la collection, des vêtements aux chaussures, j’en suis encore toute étonnée. pour être honnête. Je m’attendais à du convenu, du créateur et de l’espièglerie, certes, mais pas du convenu déconvenu… Je sais c’est pas clair… C’est limite freudien.
Pas de doute, c’est bien l’esprit Margiela qui est aux commandes, et ce, malgré le départ du créateur.
Je suis conquise, vous l’aurez bien compris. Une seule question, et pas des moindres, à mon esprit : quand vais je pouvoir enfin shopper ces bottes jaunes ?
(pardon pour la qualité des images prises depuis mon iphone)
The Selby x Colette

La Fashion week est toujours le moment opportun pour inaugurer un nouveau lieu (Joseph), lancer une exposition (Yves Saint Laurent), manger des pizza (Pizza Jalouse Pink Flamingo), rencontrer Anna Wintour (défilé Roland Mouret), avoir mal aux pieds (maudites chaussures cheap!), se faire photographier par les japonais (Virginie Mouzat, Giovanna Battaglia, Leigh Lezark…), prendre le métro toutes les 45 minutes, shooter les mannequins backtages (Mombetperena), jouer avec ses cheveux (défilé Giles), se faire marcher sur les pieds à l’entrée de la soirée VIP de la semaine (Viktor&Rolf), se faire marcher sur les pieds à la soirée la moins sympa de la semaine (Barbara Bui), boire un coup avec Carine (Vogue Bar)…
Et puis aller chez Colette… Chez Colette, il y a toujours du monde, mais en période de Fashion Week, ça frôlerait presque le service d’ordre à l’entrée et le crêpage de chignon entre deux robes Miu Miu…
Paradoxe des paradoxes : on aime bien quand c’est le bordel chez Colette, ça galvanise. Et ça donne la température sur la fashion week parisienne.
Toute la semaine, Colette a donné carte blanche à Todd Selby – le photographe qui aime bien venir chez vous. Il a investi le concept store de la rue saint-honoré, et reçoit tous les jours dans la Vitrine Appartement. Demain, samedi, il vous recevra pour une consultation gratuite sur l’ intérieur de votre appart. Il suffit juste d’apporter quelques photos de chez vous, de votre bureau, de votre maison de campagne… Accessoirement, vous pourrez aussi y trouver son bouquin, en exclu puisqu’il ne sera commercialisé que le 1er avril…

