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Nina Ricci Printemps été 2011. Image : Style.com

Je vous l’accorde : nous ne sommes jamais contentes. La mode est cyclique, notre humeur tout autant.
En définitif, et de façon unanime : il suffit d’assister aux défilés de la saison prochaine, à peine entrée dans la saison qui les précède, pour en rêver.

L’été prochain : le marine est le nouveau noir, les couleurs fluo tendance stabilo s’affirment haut et fort, la féminité est revendiquée. Et puis, j’ai surtout eu l’impression que les créateurs prenaient moins de risques, restaient sur leurs acquis, assuraient les coupes simples et les silhouettes durables (à l’exception de Dior sans doute, toujours aussi… particulier).

J’ai pour ma part été emballée par Anne-Valérie Hash, experte sur le mix féminin-masculin. L’été prochain, son colorama est absolument poudré : nude, rose, safran, et ponctué de couleurs sourdes, gris ou bleu. J’ai particulièrement adoré ses pantalons flous forme carotte, ses tops en mousseline et ses robes asymétriques… Tout est tellement portable qu’on ne peut que craquer.

Autre coup de coeur pour le créateur Peter Copping chez Nina Ricci. Vagues de couleurs pop, mix de jupes et de tops austères, de cols extravagants et de simples noeuds à l’épaule. Copping a eu l’air de bien s’amuser. Et nous, nous étions à la fête, ambiance néo princesses sur le podium, tantôt sévère, tantôt impertinente…

Côté accessoires, craquage total pour les bibis, les voilettes, les headbands et les feutres de Maison Michel. La collection collab avec Opening Ceremony est simplement une tuerie (disponible fin novembre, les enfants). Chez Maison Michel, on est un peu comme Alice au pays des merveilles…
Idem chez Delfina Delettrez dont la collection de joaillerie fut une découverte. Digne descendante des Fendi (et totalement lookée Fendi, faut il le préciser, miam miam les bottines de l’hiver…), Delfina s’est amusée avec les codes masculins, et réinterprète les cols, les manchettes de chemises et les revers de vestes. Non contente de ne faire que des bijoux, elle co produit avec Zanotti sa seconde collection de souliers basée sur les mêmes inspirations. Aussi désirables que portables.

On dirait bien que l’extravagance a laissé sa place aux valeurs sûres…

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Tom Ford, Automne Hiver 10/11.

L’événement a déjà fait le tour de la planète et de Twitter : Tom Ford a défilé à New York dimanche à l’occasion de la Fashion Week, et a fermé ses portes aux photographes et à la plupart des journalistes. Véritable coup de théâtre pour la presse comme pour le tout venant et le bloggeur de mode. Tom Ford signe ainsi son retour dans les hautes sphères modesques et pose ses conditions.

Ultraluxe, confidentialité de la diffusion par le retail de la maison (où il diffuse déjà mode homme, parfums et lunettes) en décembre prochain, et pas de possibilité de découvrir quelconques images de la collection (à moins d’être amie avec Terry Richardson ou Cathy Horyn qui a tenté quelques photos volées des VIP pour illustrer son papier…).
“Je veux que la mode redevienne un divertissement, comme dans les années 60″, a-t-il dit, cité mardi par le New York Times. “On attendait avec impatience de recevoir les modèles et de les porter, et cette impatience s’est perdue”, a-t-il ajouté.

Un retour à l’exceptionnel et l’exclusif. Telles que les marques de luxe et les grandes maisons de couture  avaient l’habitude de le faire. Privilégiant le microcosme des journalistes et des clientes fortunées. A l’heure où les marques revendiquent les plus sizes, Tom Ford fait appel aux personnalités : Julianne Moore, Lou Doillon, Emmanuelle Seigner, et aux tops du moment.

Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est la capacité de Tom Ford a anticiper ce qui de toute façon promettait de se passer ces prochains mois. Dans la course au fast et au luxe pour tous, on oublie le slow, le territoire de marque, l’essence même du luxe : inaccessible, inabordable, inattendu. Adieu luxe démocratique, re bonjour luxe fantasmé !
Tom Ford, appliquer la même recette que ses comparses ? No way. Il marque son retour en redonnant de la force et du rêve au luxe et à la mode.  Et c’est quasi mathématique : ce qui est inaccessible fait rêver, et l’on désire toujours ce qui nous est inaccessible, non ?

Tout chaud, tout chaud, le nouveau Manifesto d’Yves Saint Laurent est out !

Fidèle a ses rendez-vous en amont de la Fashion Week, la maison Yves Saint Laurent a concocté une video événement accompagnant la prochaine collection. Et la diffusion du fameux Manifesto dans les grandes villes du monde, avec cette année une nouvelle destination : Beyrouth (une nouvelle boutique YSL vient d’y ouvrir ses portes).
C’est Daria Werbowy, l’égérie de Pilati cette saison. Quant au film, il a été réalisé par le duo de talent Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin. L’ambiance est certes un peu austère, mais j’aime bien les codes, le noir & blanc, l’allure de Daria…
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