
Prologue. Mon premier job, je l’ai occupé dans une agence de design spécialisée dans l’accessoire pour les marques de luxe et de beauté. L’agence dessinait (et dessine toujours d’ailleurs) les petits cadeaux que les marques de parfums offrent dans les coffrets de Noël ou de Fête des mères. Vaporisateur, miroir de poche, poudrier, des objets qui devenaient des collectors. Rapidement, on avait intéressé les directions de création qui nous contactaient pour designer flacons de parfums et autres objets de convoitises…
Ok je vous vois plisser des yeux… Là vous vous dites, mais de quoi elle parle la demoiselle ? Et c’est quoi le rapport avec le titre du sujet ?
J’y viens.
Cette expérience m’a apporté beaucoup. D’abord sur le principe du 1er CDI, tout un symbole. Humainement ensuite, puisque mon premier boss est encore aujourd’hui un ami.
Et puis il m’a permis de développer “un oeil”. Une autre façon de regarder un flacon de parfum, d’aborder l’univers du luxe, de la beauté et même de l’art en général. D’abord avec un oeil d’esthète, celui qui apporte la touche d’excellence et de beau à une vision marketing. Puis avec un oeil de designer, celui – plus industriel et réaliste – qui vous fait vous poser toutes les questions autour de la genèse d’un projet : mais comment cette création a t-elle pu être réalisée, fabriquée, imaginée ? Jusqu’à “mais comment va t on donner vie ou rendre concret cet objet a priori si joli sur le papier” ?
En découvrant Madly, le dernier parfum de Kenzo, j’ai immédiatement basculé 10 ans en arrière, sur les pas de mon premier job (et j’ai pris un méchant coup de vieux, mais ça c’est un autre sujet)…
Pour cette nouvelle signature, Kenzo a fait appel à Ron Arad. Comment le designer – également architecte – a t-il travaillé pour donné naissance à Madly ? Comment a t il décider de réinventer le mouvement d’une aile de papillon pour réaliser ce flacon – véritable objet de design – à la fois empreint de féminité et de modernité ? Comment se fait il qu’il soit si singulier, compte tenu du nombre de lancements de parfums chaque année (on frôle les 300 lancements par an parait-il)…
Il y a quelques jours, je tiens enfin cet ovni entre mes mains… Sans avoir senti la fragrance, je suis déjà séduite par le flacon. Une forme de coup de coeur qui me rappelle la sensation que l’on éprouve à l’instar d’une paire de souliers trop petite mais néanmoins désirable, ou pour un bijou que l’on ne porterait pas mais que l’on voudrait posséder, juste pour la beauté de l’objet…
Je vous laisse découvrir les images de la campagne de publicité sur le site de Madly Kenzo, extrêmement bien renseigné: vous y découvrirez le story board de la publicité, le making off, mais également l’histoire du parfum et de son designer…



