crédit photo : Saskia Lawaks, Facescoop
Fashion week & Salons, Marketing et Storytelling, STYLE

Hyères Festival x Kenzo : le joli festival de mode des grandes marques ?

… Oui cela pourrait être quasi une collab tant l’implication des directeurs artistiques de Kenzo, Carol Lim & Humberto Léon, est mise en avant dans cette prochaine édition du Festival de la Mode et de la Photographie de Hyères, qui se déroulera du 25 au 28 avril prochain.

Avantage majeur : la médiatisation. Retournons 4 ans en arrière, le festival avait déja presque 20 ans, et il y régnait une atmosphère quasi familiale. Jean-Pierre Blanc ramait pour obtenir des sponsors, faire financer les défilés, soutenir les créateurs en compétition, rémunérer ses équipes.
2014 : le duo créatif de Kenzo débarque et parraine la nouvelle édition. Une soirée shootée par Say Who ou Didier Grumbach trinque avec Carol et Humberto célèbre cette union.Chloé Sévigny compte parmi le jury. Et last but not the least, Chanel annonce son soutien au festival en finançant un prix.

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Silhouettes en compétition : Yulia Yefimtchuk (Ukraine) et  Kenta Matsushige (Japon). Images : The Stimuleye.

Alors que j’y vois un certain nombre de qualités (plus de visibilité pour les jeunes créateurs et les photographes, plus de moyens pour les organisateurs, plus de public assistant au Festival, donc plus de business pour la région), j’y vois aussi une nouvelle ère pour le Festival, moins ouvert, plus élitiste, plus cadré.
C’est évidemment une très bonne nouvelle et une véritable reconnaissance pour le travail de Jean-Pierre Blanc, de la Villa Noailles et du 2ème Bureau, mais le festival n’est il pas en train de se transformer en une opération de brand content pour Kenzo (Chanel, Galeries Lafayette…) ?
Kenzo a désormais mis un pied dans la mode et le brand content, notamment culturel, en lançant par exemple le magazine artistique et décalé Kenzine, en association avec ToiletPaper, le mag arty de Maurizio Cattelan & Pierpaolo Ferrari.

Je lisais ce week-end l’interview des frères Karmitz (les héritiers MK2) qui exprimaient leur point de vue sur leur relation aux marques (notamment dans l’opération Cinéma Paradiso) et leur volonté d’apporter une nouvelle dimension au cinéma de papa, en y intégrant une nouvelle dynamique avec les annonceurs, pour apporter une expérience différente au public (et accessoirement financer l’entreprise autrement que par les tickets d’entrée) qui intègre le cinéma comme une mode de vie réunissant un restaurant, un club, un bar, des boutiques… C’est aussi, sans doute, ce qui leur permet de rester un groupe indépendant. Les deux frères viennent d’ailleurs de lancer 2 salles de cinéma – Madame et Mademoiselle Cinéma – au Palais de Tokyo.

Du coup, la question que je me pose est la suivante : à l’heure où les marques revendiquent leur savoir-faire et leur storytelling en créant du contenu culturel (ex : : l’exposition N°5 de Chanel au Palais de Tokyo, l’exposition Nect’art de Guerlain ou dans un autre genre, les interviews de Garance Doré pour le lancement de Kering) ou en créant leur propre prix (LVMH prize) restera t-il encore des événements ou des rendez-vous dans la mode ou la culture déconnectés de tout partenariat de marque ?

(portrait Carol Lim & Humberto Leon, crédit : Saskia Lawaks, Facescoop)

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