
Popy Moreni, Automne Hiver 88/89. © Guy Marineau
Nous avons une chance inouïe à Paris, nous côtoyons le berceau de la création de mode. Sans me vous plonger dans des banalités du genre Paris is so Haute Couture you know, je trouve que l’on peut être encore (pour combien de temps ?) fier et sensible au fait que la mode, la création, les couturiers soient encore et toujours réputés à Paris.
En parallèle, nous regorgeons de lieux où nous instruire et nous cultiver côté mode. C’est une chance.
Lorsque l’on me demande où je vivrais ailleurs qu’à Paris, je réponds Paris. La culture, même si on l’approche de loin, même si on ne la sollicite pas comme on voudrait (par manque de temps, d’envie, de moyens…), la culture est ultra présente en ville : expos, librairie, rue…
Ce qui m’a toujours passionné avec la mode, c’est son interprétation : le vêtement sur moi, le vêtement sur les autres, un tee-shirt, un smoking, la photo, les collections, l’artisanat, les stylistes, les bloggeurs, la vidéo, les mariages, les accessoires…
J’aime les expositions du musée des Arts Décoratifs, parce qu’elles sont singulières. Stimulantes, accessibles, bien construites, elles me font souvent rêver. De Rykiel à Vionnet, en passant par Lacroix et en déviant sur Antoine+Manuel, j’ai toujours pris plaisir à visiter ces expositions. D’abord du fait du lieu qui les héberge, dont la nouvelle aile, qui abrite l’expo Animal, est sublime, et parce qu’elles m’emportent toujours un peu, et m’inspirent. Elle m’apportent même souvent une forme de respiration, un peu comme un sas de décompression. J’y vais souvent seule, pour le plaisir de divaguer, prendre le parcours à contresens, voler quelques photos, observer les mamies (allez comprendre : j’y vais souvent à l’heure où débarque un car de retraitées…)
Je vous invite à découvrir donc rapidement Histoire Idéale de la Mode Contemporaine. Orchestrée en deux temps (jusqu’au 10 octobre, vous découvrez les années 70 / 80 puis, un deuxième volet sera consacré aux années 90/00 ). Une fabuleuse rétrospective en images et en vêtements qui célèbre ces années où Inès de la Fressange défilait pour Chanel et Castelbajac, où Gaultier jouait les impertinents, où Popy Moreni détournait les costumes de la comedia dellarte en vêtement de tous les jours, et où l’on découvre le premier défilé, en 1989, d’un jeune belge prénommé Martin (Margiela)…
Les Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris.
M° Palais Royal / Musée du Louvre
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h, le jeudi jusqu’à 21h.