Portrait de mode

Quand le make-up devient hype

Vlada Roslyakova “Plein Hair” , VOGUE France.
Photographe : David Mushegain, Style : Julia von Boehm, Make up by Aaron de Mey.

Source :The Great Diorette @ TFS


…Ou comment un pro du maquillage qui aime la mode peut vous faire basculer dans l’univers de la hype fashion.

Un postulat chez les marques de luxe et de créateurs : un couple D.A / marque qui fonctionne est le symbole d’une réussite, d’une personnalité, d’une signature, d’une image… La valse des créateurs de mode à la façon du mercato footbalistique ou télévisuel en est la preuve : les directeurs artistiques sont aujourd’hui de véritables valeurs ajoutées qui s’échangent, se valorisent, se vendent, s’achètent… Autrement dit : pas de D.A, pas de C.A !
Et plus ils aiment les médias, meilleures sont les retombées presse !
A l’instar d’un John G. qui a fait de ses clôtures de défilés très personnelles, un axe de médiatisation, ou Marc J., qui a commencé par la fin avant de lancer le show et ainsi défrayé la chronique. Ou encore d’un Ricardo T. ou d’un Nicolas G. qui ont su réveiller de belles endormies, et copiner avec les rédactrices et les icônes modesque…

Jusqu’ici, je ne vous apprends rien.

En revanche, les D.A beauté, s’ils sont convoités, ne m’ont jamais semblés autant médiatisés que les créateurs de mode. Sans doute, parce qu’ils sont moins impliqués dans les influences, les phénomènes et la vie sociale modesque.
Entre conseil pour une bouche dress to kiss et tendances de la collection AH08 par…, on demande surtout à un D.A qu’il s’en tienne à son job de maquilleur et de créateur de palettes… Point.

J’ai donc été plutôt surprise par le choix de la maison Lancôme.
Pour sortir un peu des carcans de la beauté marketée, ils ont privilégié une personnalité atypique, qui certes ressemble plus à Iggy Pop qu’à une icône, mais qui va sans doute apporter une autre dimension et une autre vision à la marque, et à priori également à la fonction de Directeur Artistique sur le créneau du maquillage. Aaron de Mey.

Ce néo zélandais, 35 ans, blond aux cheveux filasses, au look slimanien, curieux de tout, passionné par l’art et la peinture, et last but not the least amis de quelques égéries modesques (Daria, Kate, Courtney, Chloé, etc…) est un petit génie des backstages et des séries mode. Ses looks maquillage sont réputés pour leur audace, leur style décalé et ultra féminin. Tisci, Testino et Sorrenti ne jureraient plus que par lui…

Le privilège des marques de luxe, c’est de pouvoir prendre des risques là où l’on ne les attend pas, car elles en ont les moyens. Surtout quand elles s’appellent L’Oréal.
Le tournant que prend ici Lancôme est intéressant : cette marque qualifiée de statutaire, classique et lisse, fait appel à un déjanté du maquillage, un peu borderline, excentrique et impertinent. C’était sans doute un peu nécessaire indispensable après le flop du recrutement de Gucci Westman, partie depuis chez Revlon.

Aaron démarre fort sa collaboration avec Lancôme et lance dès septembre un collector évènementiel qui va certainement permettre à la marque d’affirmer son identité plus élitiste et plus pointue sur sa gamme de maquillage (à l’image d’un MAC ou d’un Chanel) : un rouge à lèvres et un gloss noir pailleté (cela peut paraitre étonnant mais le mix des deux sur les lèvres est plutôt réussi), deux exclusivités logées dans un simple coffret noir siglé Aaron de Mey et édité en 1000 exemplaires.
Chic, sobre, simple, attractif, exclusif.

Aaron de Mey. A suivre, donc…

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1 Comment

  • Reply Christian 16/06/2008 at 21:04

    J’aime beaucoup cette analyse des DA beauté, face aux autres DA plus médiatiques. Entièrement d’accord lorsque tu dis que Lancôme initie sans doute une tendance.
    On va donc quitter l’ère des maquilleurs comme Pat Mc Grath et consorts pour des DA moins stars, mais plus interchangeables…

    PS : le rapprochement Aaron de Mey/Iggy Pop est excellent !

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